Travaux : choisir un bois de qualité

L’arbre est un végétal dont la matière est composée d’un certain nombre de vaisseaux véhiculant la sève aux organes aériens (feuilles ou aiguilles), aux fleurs et aux fruits. Ces vaisseaux sont réunis par une matière plus ou moins dure appelée parenchyme. C’est cet ensemble de vaisseaux et de parenchyme qui constitue le bois. De la grosseur et du nombre des vaisseaux, de la consistance du parenchyme dépendra donc la nature du bois : son aspect, sa couleur, sa résistance, sa densité, etc.

En fait, tous les végétaux comportent du bois, depuis l’herbe jusqu’au séquoia, mais seul celui des arbres nous intéresse ici, et plus particulièrement le bois des troncs ayant un diamètre suffisant pour fournir des pièces pouvant être travaillées.

Une classification difficile

Il est bien difficile d’établir une véritable classification des bois. Tout dépend des critères retenus.

Cependant, cette classification peut être établie de trois façons :

  • en fonction de l’origine des bois : indigène ou exotique,
  • en fonction de la nature des arbres : feuillus ou conifères,
  • en fonction de la dureté du bois : tendre, demi-dur, dur.

Que dit la norme ?

En matière de bois de menuiserie, la norme française en vigueur distingue : les résineux et les feuillus.

A l’intérieur de ces deux grandes catégories, les espèces les plus couramment citées sont les suivantes :

  • résineux : sapin, épicéa, pin sylvestre, pin maritime, douglas (pin d’Oregon), pitchpin, pin laricio (pin de Corse) et mélèze, châtaignier.
  • feuillus durs : chêne, hêtre, orme, limbo, niangon, iroko, acajou, tilleul,
  • feuillus tendres : peuplier, okoumé.

Cette classification — à vrai dire très limitée — est loin de regrouper la totalité des essences de bois actuellement commercialisées en France. Elle fait, par ailleurs, l’amalgame entre bois indigènes et bois exotiques. Mais elle a le mérite de simplifier l’éventail des espèces en limitant le choix entre un certain nombre de bois qui, il est vrai, permettent à peu près de tout faire en menuiserie.

Les défauts

Le bois est un matériau vivant. Chaque essence, chaque tronc d’arbre possède ses caractéristiques propres, ses qualités et ses défauts.

Au moment de l’achat d’une pièce de bois, chez le négociant ou en scierie, il faut savoir reconnaître l’état du bois et en détecter les défauts. Certains sont sans importance, d’autres sont plus graves et peuvent rendre inutilisable la pièce de bois.

Le bois des troncs d’arbres est débité puis usiné, pour se prêter ensuite au travail du menuisier.

Les problèmes de séchage

Le bois d’un plateau, d’une planche ou d’une barre doit être parfaitement sec. A l’abattage, les fibres d’un tronc d’arbre sont remplies de sève (composée essentiellement d’eau). Le bois vert ne peut pas être travaillé en menuiserie ; il faut le faire sécher au préalable.

Le séchage du bois par des méthodes naturelles (à l’air) prend de longs mois.

Les troncs ne doivent pas être débités immédiatement après abattage, et les planches doivent être empilées à l’abri, de telle sorte que l’air puisse circuler entre elles.

Aujourd’hui, le séchage se fait par une méthode artificielle, qui donne d’excellents résultats. Elle permet d’accélérer le processus de préparation des planches. Il arrive, cependant, que le séchage soit incomplet ou qu’il ait été trop rapide ; c’est là un défaut majeur pour le menuisier. En effet, le bois va continuer à sécher après sa transformation, et il risquera de se déformer (on dit qu’il « travaille »). Pendant le séchage, les fibres du bois se resserrent, en se vidant de l’eau qu’elles contiennent

Les professionnels savent reconnaître qu’un bois est sec à son aspect. Pour les profanes, c’est beaucoup plus compliqué.

Un bois est réputé sec à l’air lorsque son taux d’humidité est voisin de 15%. Il existe un moyen de vérifier l’état de sécheresse : le test de la teinture d’iode. Les fibres du bois mal séché contiennent beau- coup d’amidon, lequel fait réagir la teinture d’iode (elle devient bleue). Ce test n’est pas infaillible car certaines essences réagissent plus que d’autres (il faut verser la teinture d’iode sur le bout de la planche).

Il est très difficile d’obtenir un séchage homogène des planches. Très souvent, un côté sèche plus vite que l’autre. Du fait du resserrement des fibres, on constate une certaine déformation de la planche (retrait du bois). Ce défaut peut être léger et on le corrige au moment du dressage de la planche. S’il est trop important, la planche doit être dégauchie.

Un séchage très irrégulier provoque le « gauchissement » de la planche, c’est-à-dire sa déformation dans le sens de la longueur, la planche ayant tendance à se vriller. Un gauchissement léger est rattrapable au dressage (mais on perd de l’épaisseur). La surface d’une pièce de bois qui a séché trop vite présente des défauts caractéristiques : fentes sur les fibres (de retraits) ; petites irrégularités (gerçures).

Les défauts du tronc : l’histoire de la croissance d’un arbre est inscrite dans son bois. Si le tronc est tordu (par le vent, le plus souvent), le débitage pose des problèmes car les planches ne sont pas dans le sens du fil. Il arrive que le cœur du tronc soit excentré, ce qui ne permet pas un débitage régulier.

Le tronc a parfois été abîmé par un choc (souvent par un outil au moment de la coupe d’une branche, la fixation d’un fil de clôture, des éclats d’obus ou des balles dans certaines régions). La partie abîmée est marquée par une zone noirâtre qu’il faut éliminer. Il arrive également que l’on constate la présence d’une zone de pourriture à l’endroit de l’attache d’une branche qui a été cassée ou mal coupée : l’humidité s’est infiltrée dans le bois.

Post Author: Jean-Christophe

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